<img alt="" src="https://secure.refl3alea.com/149753.png" style="display:none;"> Entretien avec Michelle Ash - Une culture SST dans le domaine minier

Entretien avec Michelle Ash - Une culture SST dans le domaine minier

Écrit par Emilie Filion le 18 novembre 2019

Avant d’occuper les fonctions de présidente du conseil du Global Mining Guidelines Group, Michelle Ash a été chef de l’innovation de la société aurifère Barrick pendant deux ans. Elle s’est entretenue avec Cognibox au sujet de certains problèmes persistants dans le secteur minier et de pratiques exemplaires visant à améliorer le rendement en matière de sécurité.

michelle-ash__credit photo to Magazine CIMMichelle Ash (Source : CIM Magazine)

 

Éléments d’une solide culture de sécurité

1. Le bon leadership

« À mon avis, le premier élément est un bon leadership. Je n’ai jamais vu de culture de sécurité qui n’était pas pilotée par les dirigeants, a dit Michelle. Les bons dirigeants se soucient vraiment de la sécurité des travailleurs. Plutôt que d’utiliser leur pouvoir, leur autorité ou leur statut pour influencer les travailleurs, les dirigeants qui se soucient des travailleurs échangent avec eux, offrant conseils et orientation et donnant l’exemple.

2. La planification

Une bonne culture de sécurité nécessite aussi une solide planification et une réflexion préparatoire pour favoriser le rendement en matière de sécurité. « Pour stimuler la productivité en entreprise, je m’assure toujours qu’il y ait en place des processus planifiés, organisés et ordonnés. Les employés, par exemple, savent ce qu’ils ont à faire et où ils doivent aller, et leurs outils ont été vérifiés au préalable.

3. Les compétences

Le troisième élément est un aspect de base : les travailleurs doivent posséder d'emblée les compétences et l’expérience nécessaires. « J’ai été étonnée de constater qu’à certains endroits, les travailleurs n’avaient pas de compétences en soudure, par exemple, et encore moins de compétences en leadership ou en gestion des risques », a affirmé Michelle.

4. La technologie

Malgré le virage vers une industrie 4.0, les humains piloteront toujours le secteur minier; cependant, à mesure que celui-ci évoluera et intègrera un plus grand nombre de technologies numériques et d’automatisation, les types de compétences et de qualifications requises changeront.

Les sociétés minières chefs de file investissent dans l’automatisation des machines et les activités à distance. Bien que ces innovations permettront de sécuriser les travailleurs et d’éliminer les risques en matière de sécurité, elles nécessiteront quand même des travailleurs hautement qualifiés et des experts techniques qui assureront en arrière-plan le bon déroulement des opérations.

Lire aussi : Top 8 des innovations dans l’industrie minière

5. L’amélioration

Le cinquième élément pour des activités sécuritaires est une culture axée sur l’apprentissage et l’ouverture dans une optique d’amélioration constante. Zéro incident est et demeure l’objectif auquel devraient toujours aspirer les sociétés minières. Cependant, en cas d’incident touchant la sécurité, un effort sincère et authentique pour déterminer la cause peut empêcher l’incident de se reproduire. Mais une telle pratique nécessite confiance, ouverture et volonté d’apprendre, des ingrédients qui ne sont pas toujours au rendez-vous sur les sites miniers.

« J’ai lu tellement de rapports d’incident, et je sais que les choses qu’on peut y lire ne correspondent pas à ce qui s’est réellement passé. Ou encore, j’ai vu des recommandations formulées à la suite de rapports [qui ne règlent aucunement le problème], se souvient Michelle. Une telle dissonance survient lorsque les gens ne veulent pas vraiment apprendre, ou qu’ils ne disent pas la vérité parce qu’ils n’ont pas confiance. Ils ont peur de dire la vérité par crainte de représailles », avertit-elle.

6. Les données

« J’estime que le secteur minier ne fait pas une utilisation suffisante des données. Il a compartimenté les bases de données, ce qui complique la mise en place de l’intelligence artificielle (IA) et des outils de prévision », déclare Michelle. De plus, les outils d’IA en sont encore aux premiers stades de développement. Cependant, avec la très grande baisse de prix des services infonuagiques, il est maintenant possible de faire l’extraction des données à très bas prix. Au cours des prochaines années se présenteront d’excellentes occasions de faire une bien meilleure utilisation de ces données afin d’en tirer des conclusions qui permettront d’améliorer et d’optimiser les processus.

7. Les dossiers de sûreté

En Australie, le secteur pétrochimique est régi par une loi sur les dossiers de sûreté. La National Offshore Petroleum Safety and Environment Management Authority (NOPSEMA) exige que les exploitants d’installations créent des dossiers de sûreté.

Un dossier de sûreté est un document qui : repère les risques et décrit les mécanismes de contrôle des risques ainsi que le système de gestion de la sécurité en place pour une mise en application uniforme et efficace des mécanismes de contrôle.

En plus de nécessiter des normes en matière de rendement, le dossier de sûreté exige la participation de la main-d’œuvre à son élaboration. Ainsi, les travailleurs savent pourquoi une pratique de sécurité a été mise en œuvre, au lieu de s’y conformer aveuglément en raison d’une culture axée sur les règles.

 

Poser les bonnes questions

Avant même qu’une culture de sécurité puisse être imaginée et encore plus mise en place, il faut tout d’abord faire une autoévaluation honnête du secteur.

« Je pense que le secteur minier veut se poser les bonnes questions, mais il ne le fait pas toujours, dit Michelle. C’est parfois par manque d’expérience, parfois par opportunisme. D’autres fois, c’est par crainte d’être fautif, ou pour tenter de trouver un coupable plutôt que la solution. Ce que j’aimerais voir, c’est une culture axée sur l’apprentissage beaucoup plus forte et un leadership ouvert, pour que nous puissions nous poser les bonnes questions et ainsi favoriser la transformation du secteur minier. »

Étude de cas : Industrie minière  Découvrez comment Cognibox a aidé à atteindre l'objectif de 0 accident en  gérant plusieurs sous-traitants. Téléchargez votre document <>
Emilie Filion
Emilie Filion

Emilie se fait un devoir d’aligner les stratégies, les ressources et les processus pour toujours livrer des projets de qualité qui donnent les résultats escomptés. Chez Cognibox depuis près de 10 ans, Emilie se spécialise dans la gestion de projets d’envergure en plus du développement de marché. Intègre, axée sur les résultats et dotée d’une grande éthique de travail, son expertise l’amène maintenant à guider les entreprises multinationales dans l’évolution de leurs pratiques d’affaires pour diminuer leur nombre d’accidents et atteindre les plus hauts standards en matière de santé et de sécurité. Curieuse et reconnue pour son insatiable besoin d’apprendre, elle est toujours prête à relever un nouveau défi. Véritable leader, Emilie mène avec brio chacun de ses projets.

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